Traditions
Traditions alsaciennes
Sommaire


Traditions alsaciennes

Habitat
Vie quotidienne
Costume
Fêtes et rites
Métiers



Vie quotidienne

[ Alimentation ] [ Vie siociale ] [ Hygiène et santé ] [ Féminisme ] [ Modernisme ] [ Sécurité ] [ Enseignement ]

Alimentation
Les alsaciens ont largement pris les habitudes alimentaires standard et comme partout les MacDo ont fleuri. Mais certains restent fidèles à leurs habitudes : pas de repas sans soupe, midi et soir, et le soir il se limite parfois à des tartines beurrées et un bol de café. Certaines traditions ont traversé les siècles et il y en a qui ont la vie dure :
Cuisson du pain
Au moyen-âge, les paysans alsaciens cuisaient leur pain une ou deux fois par mois, ce qui posait des problèmes de stockage et de conservation. L'apparition de boulangeries a simplifié le problème mais dans certains villages dotés d'un four "banal", il est resté de tradition de continuer à cuire le pain soi-même. Néanmoins la présence d'un boulanger a inversé la tradition : les femmes ont profité de son four tiédissant les jours de ménage où elles ne pouvaient pas cuisiner, et c'est ainsi qu'est né le baeckeofe (littéralement "four de boulanger")

Munster
La fabrication du fromage de Munster est maintenant une tradition des marcaires (fermiers) des Hautes Vosges. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, au moyen-âge, c'était la spécialité des monastères et des fermes de la vallée.

Distillation
Autrefois, chaque personne pouvait distiller ses fruits librement jusqu'à une certaine quantité. Le schnaps circulait en grosses quantités. Plus qu'un problème de santé publique, c'était pour l'Etat une question d'égalité devant les taxes. Le droit de distillation a donc été supprimé en 1960. Il a été maintenu à titre personnel à ceux qui l'avaient exercé mais il s'éteint avec eux ; il n'a pas été renouvelé à leurs descendants, qui doivent maintenant payer des taxes. Les bouilleurs de cru sont devenus des industriels, même s'ils se qualifient d'artisanaux et de familiaux ; ils sont pourtant les derniers garants d'un savoir ancestral. On distille certes maintenant les baies les plus inattendues (houx, alisier,...) mais toujours les cerises, mirabelles et autres quetsches, sans oublier les poires (il faut 28 kg de poires pour 1 L d'eau de vie !) Mais il ne manque pas d'alsaciens qui continuent de distiller leurs fruits sans rien dire à personne. Tous les alambics n'iront pas à la casse mais ne le répétez pas !

Foie gras
Dans les campagnes d'Alsace la tradition voulait que l'on sacrifie une oie à la saint Martin. Le gavage des oies est toujours pratiqué et le foie gras d'Alsace et notamment de Strasbourg est renommé à juste titre, grâce aux recettes originales proposées par Jean-Pierre Close, le cuisinier du maréchal de Contades au 18ème siècle.
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Vie sociale
Les opinions sont partagées sur la sociabilité des alsaciens. Les uns les disent ouverts et joviaux, d'autres les voient froids et renfermés. On ressent en effet des différences suivant les régions, leur passé, leurs richesses et leurs productions : le ried est plutôt austère, le vignoble accueillant. Mais toute généralisation est fragile ! Les traditions alsaciennes sont souvent sévères avec les femmes, soupçonnées d'être médisantes et volages :
Klapperstei
A Mulhouse, c'était une grosse pierre, considérée comme symbole de la méchanceté, et qu'on suspendait au cou des femmes (forcément ?) médisantes ; à votre avis, qu'est-ce qu'elle pouvait représenter ?
[ une vipère enroulée sur elle-même ]
[ une tête humaine qui tire la langue ]
[ un bonnet d'âne ]
Les condamnées faisaient le tour de la ville en portant la lourde pierre... Depuis il n'y a plus de femmes méchantes à Mulhouse ni dans le reste de l'Alsace ; la pierre est suspendue à un mur de l'Hôtel de Ville de Mulhouse et elle n'en bouge plus.

Schneeberg
Au sommet du Schneeberg se trouve un rocher instable, le Lottelfels (pierre branlante) que l'on peut faire bouger d'une simple pression du doigt à un endroit sensible. Une femme soupçonnée d'adultère pouvait se disculper en le faisant bouger : On dit que celles qui se sentaient en proie à la tentation y montaient discrètement pour repérer l'endroit sensible et rendre plus éclatant le jugement de Dieu qui les disculpait... Mais ce n'est pas sans danger : j'ai vu en Bretagne une autre pierre branlante que des gamins avaient calée et qui demandaient un "péage" aux touristes pour enlever leur invisible cale et rendre à la pierre son caractère instable. Le jugement de Dieu n'est plus ce qu'il était.
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Hygiène et santé
Les conditions de vie ont longtemps précaires en Alsace comme partout. Les bassines en terre cuite émaillée ou en porcelaine et les brocs ont été présents dans les chambres, et ils y sont parfois restés à titre de décoration quand les salles de bain se sont généralisées.
Puits
Il était autrefois de coutume de curer les puits à la Saint Jean ou à la Pentecôte. Cette prosaïque occupation devenait même une occasion de réjouissance à l'occasion de laquelle tout le village était réuni pour un banquet.

Bains
Les bains de santé étaient particulièrement appréciés en mai et à la Saint Jean et pouvaient même durer plusieurs jours sans interruption. On dormait et mangeait en effet dans la baignoire dans laquelle on rajoutait simplement de l'eau chaude. Ce genre de bain pouvait excéder 24 heures.
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Féminisme
La condition féminine, en Alsace comme ailleurs, a longtemps été confinée à la maison et attachée aux occupations ménagères. Le dimanche à l'église, les femmes allaient à gauche et les hommes à droite, à moins que ce ne soit au bistrot. Les guerres du 20ème siècle et la révolution industrielle ont changé les habitudes : la main d'œuvre masculine, parfois insuffisante parce que décimée, a été remplacée par les femmes.
Bonne à marier
Un dicton populaire dit "Ma mie, tu peux te marier si tu peux faire une bonne cuisine, battre la cendre, assurer la cuisson du pain et en même temps coudre une chemise d'homme". Tout un programme...

Les femmes de Rouffach
A Rouffach, les femmes ont la préséance sur les hommes depuis qu'elles se sont mobilisées pour délivrer l'une d'entre elles, enlevée par un empereur séjournant dans la ville. Les hommes avaient eu peur... L'assaut des femmes avait provoqué la fuite précipitée de l'empereur qui avait même abandonné sceptre et couronne. Depuis, les femmes gardent la préséance même à l'église et de tout temps se sont installées à droite.
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Modernisme
Les alsaciens ne sont pas plus arriérés que les autres. Mais il est vrai que les transports du 19ème siècle ne se sont pas imposés tout de suite.
Chemin de fer
Le chemin de fer était considéré à ses débuts par les paysans comme une invention du diable. Une femme qui avait fait un pèlerinage en train fut ainsi obligée par ses proches à le refaire à pied ; de même des paysans tiraient sur les voitures qui "empoisonnaient la terre" ou pensaient que s'il y avait moins de voyageurs à l'arrivée, c'est que le diable les avait pris et non pas qu'ils étaient descendus en route... Et pourtant l'Alsace fut pionnière dans ce domaine, puisque plusieurs des premières lignes françaises furent construites dans notre région. Maintenant les choses ont bien changé et les alsaciens se battent pour le TGV et pour le maintien des lignes secondaies.
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Sécurité
Les villes ont été entourées de murs et relativement protégées, au prix d'une veille permanente. Les villages étaient les premières victimes des guerres, qui n'ont jamais respecté les populations civiles. La peur a ainsi longtemps régné, l'insécurité n'est pas une nouveauté. Mais elle a changé de visage : les veilleurs de nuit qui subsistent dans certains bourgs sont purement folkloriques.
Veilleur de nuit
La tradition de la ronde du veilleur de nuit s'est maintenue à Turckheim sans interruption jusqu'à nos jours ; interrompue au début de la dernière guerre, cette tradition fondée en 1540 fut rétablie en 1953 à titre folklorique.
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Enseignement
L'alsacien aurait pu disparaître après les guerres du 20ème siècle, la nazification de 1940 et le retour à la France de 1945. Les échanges commerciaux et économiques utilisent le français, voire l'anglais. L'enseignement est presque exclusivement français. Mais il ne manque pas de foyers qui restent attachés à leur langue régionale, même si elle n'est plus guère la langue maternelle, et à "parler comme le bec leur a poussé".
L'alsacien à l'université ?
Cet enseignement serait évidemment logique : l'alsacien n'est pas un dialecte, mais une langue ; c'est de la même souche qu'est issue la langue allemande. Les essais d'introduction de l'alsacien dans l'enseignement restent néanmoins limités.
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