Avertissement :
le texte décrit le sentier tel que je l'ai parcouru au début des années 1970. Des choses ont pu changer depuis ! Si vous voulez partir sur mes traces, prenez la précaution de préparer votre randonnée avec les outils d'aujourd'hui (cartes, guides...), c'est plus prudent !
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> L'abbaye dans l'histoire...
> Quelques pas dans le village...
La petite ville d'Andlau survécut à la disparition de l'abbaye en 1789. A l'animation spirituelle a succédé avec bonheur la viticulture. Le long de la route du vin s'alignent de vénérables maisons aux colombages sculptés, aux nombreuses fleurs qui égayent les balcons, aux enseignes travaillées.
Sur la place de l'Hôtel de Ville, se trouve un bassin avec fontaine, où nagent de petits poissons, qui éveillent au fond de ma mémoire de vieux souvenirs d'enfance. Au centre s'élève une colonne, au sommet de laquelle une statue évoque la mémoire de Sainte Richarde, accompagnée de l'ourse familière. La tradition de l'ourse a marqué la ville et ses habitants. On s'étonne de ne croiser au coin des rues que des animaux en pierre. Mais les ours vivaient encore dans ces forêts jusqu'au 18ème siècle.
La randonnée va retrouver la forêt et ses mystères. Depuis la place de l'église, on rejoint le cours tumultueux de l'Andlau, en passant sous le porche d'une antique maison canoniale. La rivière capricieuse dévale des pentes du Champ du Feu pour s'alanguir paresseusement au sortir de la ville dans la plaine d'Alsace. Les délices de Capoue après les cols enneigés.
En quelques pas, on sort du village pour trouver immédiatement la forêt. Entre les arbres se dessinent encore des toits rouges, ou, sur l'autre versant, la ruine menaçante du Spesbourg1 qui se détache sur un ciel sans nuages comme l'aire d'un aigle.
Le sentier caillouteux croise un ruisseau, puis s'élargit sur un chemin forestier moins fatigant, au fond d'une petite vallée inondée de soleil. Des oiseaux invisibles emplissent l'air léger de leurs mélodies joyeuses, les insectes bourdonnent tout autour de nous, en une basse continue obsédante.
Des chalets se succèdent et jalonnent la vallée étroite, dans la merveilleuse solitude de la forêt, loin du monde et du bruit.
La vallée se resserre de plus en plus. Les arbres s'enracinent jusque sur les bords du petit ruisseau qui court tout au long du chemin. A chaque pas, le vallon semble s'étrangler davantage, le chemin se redresse. Sur la gauche, une vaste clairière est parsemée de souches d'arbres à moitié déterrées et envahie d'herbes folles que le soleil mordore.
La forêt est devenue dense et touffue. Deci delà, le soleil parvient jusqu'au sol, et griffonne d'étranges dessins sur des tapis d'aiguilles mortes. Des branches mortes jonchent le sol, dans les arcanes de cette forêt touffue qui aurait inspiré Wagner.
Une rangée de petits sapins fait la haie d'honneur. La lumière d'une clairière se dessine dans les ténèbres de la forêt.
Quand on débouche enfin dans la lumière, c'est pour voir se dessiner la silhouette hiératique de l'Ungersberg.

1 C'est l'un des premiers châteaux vosgiens que Jacques a découverts. Il avait quatre ans et l'appelait Pesbou. Voilà comment naissent des vocations...


© Bonnet 2004

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