Les USA avec des béquilles

Joe Kals, 55 ans, paraplégique depuis l’âge de 20 ans suite à un accident, veut traverser les USA d’est en ouest en béquilles pour alerter sur l’importance des recherches sur la moelle épinière. Il était de passage hier en Alsace.

Parcourir les USA d’est en ouest – soit 5 400 km –- à béquilles, c’est le défi que s’est lancé le Mentonnais Joe Kals, qui était de passage à Colmar hier pour retrouver le Bas-Rhinois Marius Arnold, un ancien sportif et responsable de son comité de soutien alsacien.
À 55 ans, l’homme a un sacré parcours. Mais on comprend très rapidement qu’il aurait préféré en avoir un autre… Un accident de moto à 20 ans, et le jeune homme se retrouve paraplégique. « Mais jamais je ne me suis considéré comme assis », précise-t-il.
C’est ainsi qu’après avoir traversé la France du nord au sud sur des béquilles en 2011 et 2012, monté la Tour Eiffel à la seule force des bras en novembre 2014, il s’est lancé ce nouveau défi.
La raison ? Alerter sur l’urgence de la recherche sur la moelle épinière. « Aujourd’hui, on travaille plus sur les adaptations prothétiques, s’insurge le Mentonnais. Or, la majorité de ceux qui se retrouvent avec la moelle épinière sectionnée ont entre 18 et 35 ans, avec théoriquement tout l’avenir devant eux. Ils aimeraient mieux entendre « Tu remarcheras un jour » que « Tu vas avoir un super fauteuil en carbone »…»
Visiblement peu adepte du politiquement correct, il affiche son ras-le-bol des visions positives du handicap physique présentées aujourd’hui. Être paraplégique, c’est la souffrance 24 h/24, c’est l’incontinence. C’est dur de garder sa dignité dans ces moments-là… »
Sa traversée des USA lui permettra de collecter des dons. « Attention, précise-t-il. Ce ne sera pas pour financer la recherche, mais pour récompenser le chercheur qui aura trouvé le moyen de refaire fonctionner les muscles. C’est une carotte, en somme. »
Pour le moment, il lui faut d’abord financer son projet. Il entamera son périple en mai 2018, mais part pour les USA dès le mois prochain, pour le préparer et le promouvoir : « Le paraplégique va faire marcher les valides : les gens pourront m’accompagner, équipés d’une casquette à puce qui comptabilisera les distances. Et chacun pourra faire des dons. » Cette vision très « je fais la nique au destin et je le proclame » devrait plaire outre-Atlantique. Un Forrest Gump version bad boy, en somme.
Pour le soutenir : Joe Kals, 1 Val de Castagnins, 06500 Menton ; joekalsusa.com

Information parue dans les Dernières Nouvelles d'Alsace du 27 avril 2017

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