De Masevaux à Sewen
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A travers les forêts et les montagnes des Vosges... Le long du rectangle bleu |
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![]() Masevaux est une petite ville de la vallée de la Doller. > Quelques mots sur MasevauxRapidement, je contourne léglise au clocher de grès, puis je prends la direction du hameau de Stoecken situé en contre-haut du bourg. La route est pentue. De part et dautre de belles maisons se succèdent. Après un petit verger où le pommier est encore chargé de beaux fruits le rectangle bleu se sépare des rectangles jaune et rouge. Je continue pour ma part tout droit en direction de la forêt. Après avoir longé les dernières maisons de cette petite route, jemprunte un petit escalier qui me plonge dans la semi-obscurité de la forêt de sapins. Un petit banc est là, juste à la lisière du bois, on ne peut pas le voir depuis la route. Par contre, assis sur le banc dans la fraîcheur, on peut admirer Masevaux ensoleillée. Il me faut pour linstant menfoncer dans la forêt. Le chemin est large et très agréable. De temps en temps, un sapin mort est tombé sur le sol ce qui permet aux rayons du soleil de pénétrer dans le sous-bois par lespace ainsi dégagé. Un peu plus loin, cest un petit bacal que japerçois. Il est rempli deau mais nest pas alimenté pour linstant. Sans doute attend-il avec une grande impatience la prochaine pluie pour avoir le plaisir de se vider à nouveau. Cest avec un petit soulagement que je quitte la forêt sombre de sapins. Me voilà dans une belle hêtraie. Les arbres sont très hauts et élancés vers le ciel et dautres plus petits tapissent le bas des troncs de ces géants dun beau feuillage vert. Continuant mon chemin, jarrive dans un repli de la montagne. Je passe un petit pont de bois sous lequel comme dans la chanson poussent de belles fougères mais où le petit ruisseau sest tu. La source qui lalimente sest endormie de ce profond sommeil propice aux rêves dans ce cadre enchanteur. Sans doute se réveillera-t-elle dici quelques semaines avec la venue de lautomne. Le versant de la montagne est maintenant beaucoup plus exposé au soleil. Cela a pour conséquence que la flore se diversifie. Quelques grands hêtres sont toujours là, mais à leurs pieds ce sont de petites fleurs violettes et blanches qui poussent maintenant. Se cachant au milieu des fleurs, ce sont aussi des petits pierriers que lon peut apercevoir. Ils sont de taille modeste, mais cela atteste bien que je prends de laltitude et que la montagne après le calme des sapins, la sagesse des hêtres et maintenant la beauté de cet espace ensoleillé me réservent ici un condensé de toutes les merveilles qui me restent encore à découvrir sur le rectangle bleu. Je nai pas encore marché depuis un très long moment, pourtant la vallée que japerçois entre quelques arbres me semble être infiniment loin. Me revoilà à nouveau sur le versant nord. Ce sont les grands hêtres que je retrouve. Entre leurs troncs, cest toute la crête de lautre côté de la vallée qui se dévoile. Les pentes raides sont recouvertes de sapins pour la plupart, de pâturages. De-ci de-là on voit également de gros rochers témoins de la grandeur de ces montagnes. Après avoir contourné un muret, le sentier rejoint un petit vallon dans lequel a été construite la ferme de Bruckenwald. Les bruyères mêlées aux myrtillers forment avec des touffes dherbe et quelques fougères de beaux pâturages. Une fois la maison dépassée, on rentre dans lenclos des vaches et il se peut que ces dames aient décidé de se reposer sur le sentier. Il me faut alors faire un petit détour pour les éviter. Elles profitent de la fraîcheur de cette petite forêt de hêtres qui prennent laspect dépouvantails avec leur taille réduite et leurs multiples branches. Le soleil samuse à envoyer ses rayons dans la pénombre du sous-bois avec une grande difficulté. Les pâturages reviennent. Il faut traverser un grand pré pour rejoindre le petit lac du Lachtelweiher qui se niche dans un cirque tout ensoleillé. Le chemin est très bien indiqué, de nombreux rectangles bleus sont dessinés sur les pierres qui surgissent du sol là où le sentier a été tracé. > Les pierres précieuses du LachtelweiherUne fois le lac contourné, il me faut prendre un peu de hauteur en direction de la ferme du Lochberg. Le sentier est très large, il longe de beaux prés et doit sans doute être utilisé par le berger et son troupeau quand il faut ramener les bêtes à létable. La ferme est située en contrebas dun petit col. Le chien est là pour maccueillir et jarrive à lheure de la traite des chèvres. Encore un effort et me voilà au col. Le ballon dAlsace apparaît face à moi. En cette après-midi de septembre, les couleurs de fin dété sont superbes ; la couleur jaunâtre des prés exposés au soleil mêlée au ciel bleu parcouru par des traînées blanches me fait rêver. Je contourne encore la ferme de la Fennematt, qui surplombe le vallon où la Doller prend sa source. Enfin, je rentre à nouveau dans le sous-bois. Ce sont de petits pins, des bouleaux et des genêts qui deviennent mes compagnons. Jarrive à un endroit doù lon a une vue splendide sur la vallée de la Doller. Un petit chalet a été construit en ce lieu. On aurait envie de rester des heures à dorer au soleil en admirant ce beau paysage depuis cette petite crête, mais il est temps de continuer en direction de Sewen. Tout dabord, le sentier plonge dans une petite vallée, puis la pente devient plus douce. Cependant je suis entouré de partout par une forêt opaque. Je regrette un peu les crêtes que je viens dabandonner. Des bruits de courses lointaines et des craquements me font frissonner. Les geais poussent leur cri strident. Il me semble que de partout je suis observé. Et je ne trouve même plus le balisage rassurant du Club Vosgien. Jai dû quitter le bon chemin sans men apercevoir, mais je ne men suis pas beaucoup éloigné : cest avec joie que je retrouve la civilisation des hommes au niveau dun petit canal. Quelques instants après, ce sont les premières maisons de Sewen ainsi que le clocher du village qui deviennent visibles. Le soir tombe, je suis ravi de cette première étape qui me semble être un bon condensé de tout ce que jespère voir au cours des prochaines marches. © Bonnet 2003 |