Symphonie Vosgienne
A travers les forêts et les montagnes des Vosges...
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7

J'ai revu le ciel !
Moi qui croyais mourir,
j'ai compris aujourd'hui
qu'il faut connaître
la froidure du tombeau,
la peur et l'obscurité
et la nuit sans espoir,
et qu'il faut traverser
le néant de la mort
pour retrouver la vie.
Je me sentais éclater
et du cœur de la terre,
j'ai fouillé une racine
et lancé un rameau,
fragiles espoirs.
Il a écarté les cailloux,
les feuilles mortes,
les mousses et l'humus,
pour pointer sa tige
dans l'air frémissant
d'une brise de printemps.
Autour de lui,
il a regardé,
et j'ai reconnu
mon univers...
Dans un coin de la souche
que la mousse et les lichens
avaient habillée,
où se nichaient des champignons,
un peu de neige
s'abritait encore.
Lentement,
au bout de ce rameau
qui portait mon espoir,
s'est ouvert un bourgeon
et j'ai déplié
dans la fraîcheur d'un matin
une feuille timide.
J'ai senti ma sève
s'amasser, monter
jusqu'à l'air libre,
respirer par toute la surface
de ma petite feuille,
et une goutte a perlé.
Elle s'est mêlée
à la rosée
comme une larme de joie.