Symphonie Vosgienne
A travers les forêts et les montagnes des Vosges...
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39

De ma montagne,
je contemple
les hommes et leurs passions...
C'est dans mon horizon
la seule chose
qui n'ait jamais changé.
J'ai vu des branle-bas
tout autour du château,
parfois on en sortait,
les oriflammes au vent.
Parfois on l'encerclait,
et le vent résonnait
des cris et jurements.
Et plus loin je voyais
les villes au pied des monts
et les hommes se battre
pour asseoir leur domination.
Ils naissaient,
ils mouraient,
ils ne changeaient
que par leur nom.
Les riches restaient riches,
les pauvres méprisés,
les puissants opprimaient,
et les libérateurs
devenaient des tyrans.
Parfois les opprimés
tentaient de retrouver
un peu de dignité,
et parfois les puissants
se déchiraient entre eux
des lambeaux de pouvoir.
Et autour d'eux des factions,
des partis ou des castes,
répandaient le malheur,
la ruine,
le deuil,
le sang.
Jamais je n'avais vu
au cœur de la forêt
deux cerfs,
des loups
ou des sangliers
agir plus bassement.
Non, hélas,
la noblesse
n'est pas humaine.