Symphonie Vosgienne
A travers les forêts et les montagnes des Vosges...
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31

L'air était immobile,
quand est venue la nuit,
et une chape de chaleur
étouffait la forêt.
Au loin a retenti
un roulement sinistre
puis l'orage est venu
et la montagne a résonné
des échos du tonnerre.
Le jour semblait se rallumer
quand luisaient les éclairs.
J'ai déjà souvent vu
l'orage gronder
la colère du ciel
au cœur des nuits d'été.
Mais cette nuit-là
restera gravée à jamais
dans ma mémoire
et dans mon être.
La foudre s'approchait,
déjà elle avait frappé
le donjon du château
qui se dresse là-bas.
J'avais entendu
le gémissement des poutres
arrachées et tordues
et le bruit des moellons
s'effondrant dans la cour désertée.
C'est alors que j'ai senti
mes feuilles se dresser,
puis ce fut comme si le jour,
pour un instant fugace,
avait explosé.
Dans une lumière aveuglante,
j'ai senti mes branches s'arracher,
se tordre et se disloquer.
Tout mon bois a hurlé
sous la secousse de la foudre.
Au matin, l'air était pur,
le ciel lavé par la pluie,
et une brise légère soufflait sur mes blessures
pour les cicatriser.
Une grosse branche,
arrachée par la foudre,
gisait à terre.
Je me sentais mutilé.
Mais avec mes compagnons,
tout attristés,
j'étais resté debout.