Symphonie Vosgienne
A travers les forêts et les montagnes des Vosges...
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23

Aucun homme n'imagine
quel monde vivant,
quel univers
est un arbre.
Un pivert est perché
sur un repli de mon écorce,
et de son bec,
au martèlement accéléré,
il fore mon tronc,
à la recherche de larves
dont il me purifie.
Le long de mes branches,
des chenilles,
au printemps,
viennent se promener,
puis elles s'enferment
dans le silence et dans le noir,
à l'ombre d'une feuille
à demi grignotée...
Sont-elles savoureuses,
mes feuilles !
Quand elle revient à la lumière,
c'est un arc-en-ciel de fraîcheur,
c'est un tableau vivant,
tout de grâce et de finesse.
Dans la chaleur de l'été,
le crépuscule du soir
réveille dans mes branches
le bourdonnement
de quelques hannetons,
quand les oiseaux,
ont regagné leurs nids
et arrêté leur bavardage.
Parfois une fourmi s'égare
entre mes branches,
parfois une abeille
vient voltiger entre mes feuilles.
A tout instant, inlassablement,
un monde de vie palpite
dans mon univers.